Un regard sur : Six degrés de liberté (roman) de Nicolas Dickner

« Elle accroche son manteau, soupire. Cette journée va ressembler à toutes les précédentes, elle le sent. Travailler huit heures à la quincaillerie. Ranger des vis sur les étagères. Étudier pour un examen de maths… Laver la vaisselle. Laisser passer la semaine. Les semaines. Les mois. S’interroger sur le sens de la vie. Broyer du noir. Lisa mène une vie à l’infinitif. » — Six degrés de liberté 

Un aperçu :

Le livre Six degrés de liberté par Nicolas Dickner, gagnant du prix du Gouverneur général en 2015, est un roman qui suit la vie de deux femmes, Jay et Lisa.

Jay est employée chez une institution gouvernementale. Son travail consiste à détecter des fraudes de cartes de crédit. En fait, cet emploi fait partie de sa sentence criminelle, à cause d’un lien qu’elle avait avec le crime organisé.

Lisa, une adolescente au début du livre, a une vie ordinaire et un peu trop banale d’après elle. Sa vie comme jeune femme est bouleversée lorsque son père commence à perdre sa mémoire. Lisa doit s’occuper de lui, tout en respectant ses autres obligations. Son quotidien commence à être composé de trois mots seulement : école, travail, hôpital. Elle n’a plus de temps pour elle, pour la vie.

Les deux femmes cherchent une raison d’être; elles s’ennuient de ce que la vie leur présente comme réalité. Ce sont leurs agissements sur ce sentiment qui vont faire que leurs deux histoires s’entremêlent : Jay commence à s’occuper, en secret, d’un cas bizarre que la GRC a de la difficulté à résoudre. Lisa, avec l’aide de son meilleur ami Éric qui est un génie de l’informatique, établit un plan de traverser la planète d’une façon, disons, inusitée.

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Mes impressions :

J’ai trouvé que Six degrés de liberté est un roman plutôt divertissant et surtout une réflexion sur la vie banale. Indirectement, le livre nous conscientise sur le monde de la consommation qui nous entoure, qui nous dévore. Les actions des personnages principaux sont comme des cris de secours afin de sortir du système établi et se sentir plus vivant.

On voit beaucoup d’exemples dans ce livre dans lesquels la réalité dure contraste avec le monde, presque moqueur, de la consommation :

« Robert, qui enfonce le gros bouton rouge, le seul dont il n’a pas oublié la fonction. La télévision s’allume sur une émission du matin. Aujourd’hui on compare à l’aveugle des vinaigres balsamiques. »

Les personnages réfléchissent sur l’état bien implanté de la société de la consommation (les biens, la malbouffe) comme dans cet exemple :

« Tout en fouillant, Jay se demande ce que les gens penseraient de ses propres poubelles. Les déchets ont toujours été un important marqueur de classes sociales… Aujourd’hui, tout le monde craint secrètement de produire des ordures ennuyantes, qui témoigneraient d’une vie plate. »

Honnêtement, c’était difficile pour moi de m’accrocher à ce livre pendant les premiers chapitres. Mais, si la même chose vous arrive, continuez un peu. J’ai remarqué que le livre devenait de plus en plus intéressant et la dernière moitié gardait pleinement mon attention !

Il faut savoir que d’un chapitre à un autre, les évènements sont un peu décalés. C’est peut-être parfois difficile à suivre, mais cela fait partie de l’intrigue; on essaie de comprendre comment les évènements sont connectés. En fait, le roman est un peu comme mettre ensemble des pièces d’un casse-tête.

Un casse-tête divertissant et bien rafraichissant.

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Un regard sur : L’étranger (roman) d’Albert Camus

Un aperçu :

Dans l’étranger, un homme raconte ce qui se passe dans sa vie an Algérie. On se trouve au début avec lui lorsqu’il apprend la mort de sa mère. On découvre que le narrateur, qui s’appelle Meursault, ne ressent pas beaucoup d’émotions, même pendant des évènements tragiques de la vie. Il assiste aux funérailles de sa mère, sans pleurer, et il retourne au travail.

« J’ai pensé que c’était toujours un dimanche de tiré, que maman était maintenant enterrée, que j’allais reprendre mon travail et que, somme toute, il n’y avait rien de changé. »

Ensuite, on rencontre les personnes qui font partie de la vie de Meursault : une nouvelle copine, des voisins, des amis. Tout se passe assez bien jusqu’au point où, à la suite de nouveaux ennemis créer par les actions d’un voisin, Meursault tue un homme.

Meursault se trouve devant les autorités et bientôt à la cour. Il reconnait ce qu’il a fait de tort, mais il continue à ne pas démontrer beaucoup d’émotion, ce qui choque les autres. Son procès commence vite à tourner autour de ce manque d’empathie.

L'étranger

Mes impressions :

Il y a quelques éléments de L’étranger qui donne au livre sa puissance. D’abord, c’est un récit à la première personne et le narrateur commet un acte terrible. Comme lecteur, on doit rester dans les pensées de cet homme ni héros ni vilain terrible, mais sans sentiments.

C’est exactement cette question de sentiment qui est intéressante parce que, pour une raison quelconque, Meursault ressent l’indifférence dans la plupart de situations. Les autres personnages du livre lui reprochent fortement cela. Mais est-ce juste ? Est-ce qu’une société peut vraiment reprocher à quelqu’un un manque de sensibilité ?

À part ces questions, une autre partie de l’histoire qui fait réfléchir est la présence du soleil. Pendant la lecture, on se sent constamment dans la chaleur sous un ciel bleu. Tout est éclairé sans ombre. Pourtant, c’est un contraste énorme avec ce qui se passe dans l’histoire, une histoire plutôt sinistre et noire.

C’est aussi une histoire assez philosophique, ce qu’on voit dans les réflexions du personnage principal. Par exemple, ici Meursault pense à l’indifférence de la nature par rapport à la vie des êtres humains.

« Oui, c’était l’heure où, il y avait bien longtemps, je me sentais content. Ce qui m’attendait alors, c’était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant, quelque chose était changé puisque, avec l’attente du lendemain, c’est ma cellule que j’ai retrouvée. Comme si les chemins familiers travers dans les ciels d’été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu’aux sommeils innocents. »

L’étranger d’Albert Camus est un livre qui laisse une impression assez forte après sa lecture. C’est un des livres les plus célèbres de la francophonie, et, facilement, un incontournable.

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Un regard sur : Les voyageurs malgré eux (roman) d’Élisabeth Vonarburg

« « Qui suis-je, d’où suis-je, où vais-je ? » : je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne. Enfin, façon de parler : je ne peux pas retourner chez moi, puisque j’y suis. » — Les voyageurs malgré eux 

Un aperçu :

Les voyageurs malgré eux est un roman de fantaisie/science-fiction publié en 1994. L’histoire se situe dans un monde parallèle où il y a seulement trois régions francophones qui restent en Amérique du Nord : La Louisiane, L’Enclave de Montréal (juste une partie de l’île) et le Royaume des Sags (une référence à la région du Saguenay). Il y a beaucoup de petites différences entre notre monde et le monde de ce livre. Par exemple, la ville de Québec est anglophone, les rues de Montréal sont des canaux, une fédération amérindienne occupe une moitié du territoire de l’Amérique du Nord et, mystérieusement, pendant Noël on parle de deux enfants nés cette journée : Jésus et Lilith.

Un autre fait important de ce monde parallèle, on ne parle pas du réchauffement climatique, mais plutôt du refroidissement climatique depuis le 18e siècle !

Une bonne partie de l’histoire se concentre sur un autre fait bizarre : c’est commun pour les gens d’avoir des visions. C’est dans ce contexte qu’on rencontre Catherine, une Française, qui habite dans l’Enclave de Montréal. Elle commence à avoir des visions, mais elles sont différentes de celles des autres…

Ce n’est pas tout; Catherine se rend compte qu’elle a perdu une bonne partie de sa mémoire. Tout cela fait qu’elle est à part des autres. Un peu trop à part peut-être pour le gouvernement de l’Enclave, qui est presque un État policier.

Catherine se trouve en danger et doit s’échapper tout en remettant en place sa mémoire perdue. Elle rencontre plusieurs personnes en chemin, des gens mystérieux qui semblent cacher des secrets. Et qui est cette fille Athana qui la suit partout dernièrement ?

En suivant le conseil d’Athana d’aller « plus loin, plus au nord », Catherine découvre le très fermé Royaume des Sags. Elle va se mêler d’une histoire de croyances spirituelles afin de trouver les réponses qu’elle cherche sur elle-même et la vie en général, ce qui peut résoudre tous les mystères qui l’entourent.

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Mes impressions :

J’avais besoin de m’évader un peu lorsque j’ai choisi de lire ce roman. J’ai décidé qu’un roman de science-fiction était parfait. Ce livre m’intéressait aussi parce que je connais les régions dont l’auteur écrit et je voulais découvrir les différences dans ce monde parallèle.

Ce que j’ai trouvé intéressant c’était que même si je voulais m’échapper un peu, le livre m’a fait réfléchir sur notre monde. Quelques sujets abordés sont les croyances, le pouvoir, le gouvernement, le féminisme et la brutalité policière. Ce livre a été publié en 1994, mais il y avait des évènements ou des faits dans l’histoire qui rappelaient des évènements assez récents comme la grève étudiante (2012), le mariage gai, et des femmes prêtres.

Le roman fait aussi réfléchir sur la spiritualité et les religions de ce monde. Le personnage principal cherche à trouver l’équilibre entre les affaires qu’on peut changer, celles qu’on doit lâcher et le moment où il faut écouter cette force qui nous guide dans la vie.

Je me demande si ce livre était en partie inspiré par les expériences de l’auteure, Élisabeth Vonarburg (une française qui habite au Québec depuis des années) pendant son intégration au Québec. Par exemple, on peut faire des liens avec le refroidissement climatique et les différences du climat en Europe et au Québec. La perte de mémoire peut même être liée aux éléments culturels dont elle a dû apprendre. La protagoniste est aussi en recherche de son identité dans le monde parallèle. J’ai trouvé des liens entre ce qu’elle décrit et mes propres réflexions lorsque j’ai déménagé au Québec :

« Elle n’était plus française, ne serait sans doute jamais « québécoise ». Entre les deux, voilà, moins « transplantée » qu’en équilibre instable sur un fil. »

Dans le livre, on est souvent amené entre un rêve, une vision et la réalité. Cela a comme effet que lire ce roman est un peu comme déchiffrer un rêve bizarre.

En tout, c’est un bon roman pour ceux qui ont besoin de voyager un peu dans un monde parallèle ou pour ceux qui suivent une voix intérieure qui leur dit d’aller « plus loin ».

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Un regard sur : Le malade imaginaire (pièce de théâtre)

Le malade imaginaire est une des œuvres du dramaturge célèbre Molière. C’est en fait sa dernière pièce de théâtre, créée en 1673. Pour voir un autre article sur Molière, visitez Un regard sur : Le Tartuffe (pièce de théâtre) de Molière.

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Un aperçu :

Dans cette comédie, un homme, Argan, se dit malade et cherche de l’aide de médecins. Ceux-ci sont très contents d’aider cet homme avec sa « maladie », vu qu’Argan est prêt à dépenser beaucoup sur des remèdes que les médecins recommandent. En même temps qu’Argan essaie de se guérir, il essaie de convaincre sa fille de se marier à un médecin afin qu’il puisse profiter de plus de soins. Cependant, sa fille est amoureuse d’un autre homme. C’est la servante rusée d’Argan, Toinette, qui joue des tours à son maître pour qu’il puisse enfin voir le côté imposteur des médecins, qui profitent pleinement de sa situation.

Mes impressions :

Même comme comédie, le contenu de la pièce Le malade imaginaire est une critique assez sévère envers le métier de médecin. Ces professionnels sont présentés comme des gens qui se voient importants parce qu’ils connaissent des mots en latin, et ils peuvent utiliser ces mots afin de convaincre quelqu’un d’une maladie non existante. Même si le métier a beaucoup changé depuis cette comédie, c’est toujours intéressant de comprendre un peu plus le fonctionnement à l’époque (17e siècle) et l’évolution du métier à travers le temps. Néanmoins, on peut toujours faire des liens entre cette pièce et ce qui se passe aujourd’hui; par exemple, les publicités qui nous font penser que nous avons besoin d’un médicament quelconque.

On voit aussi dans cette pièce le pouvoir que l’esprit a sur la santé physique. Argan se croit malade jusqu’au point où il ne peut presque plus bouger. C’est en fait les médecins qui l’avaient fait croire qu’il soit terriblement malade. On assiste aussi au thème du père qui veut imposer sa volonté concernant les choix de sa fille.

Un fait intéressant :

Molière jouait le rôle d’Argan, le « malade imaginaire » dans les représentations de cette pièce. À la fin de la quatrième représentation, Molière était réellement malade et avait de la difficulté à finir le spectacle. Molière a été transporté chez lui où il est mort la même soirée.

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Un regard sur : La part de l’autre (roman)

« Que se serait-il passé si l’Académie des beaux-arts en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, à cette minute précise, le jury avait accepté Adolf Hitler ? …Y aurait-il eu une Seconde Guerre mondiale, cinquante-cinq millions de morts dont six millions de Juifs dans un univers où Adolf Hitler aurait été un peintre ? » — La part de l’autre

Un aperçu :

Dans La part de l’autre, un livre d’Éric-Emmanuel Schmitt publié en 2001, deux histoires parallèles se font raconter :

  1. Un jeune homme qui s’appelle Adolf Hitler vient d’être rejeté par l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. Ensuite, le désenchantement avec la vie adulte s’installe chez lui; il vit des expulsions d’appartements, de l’arnaque, un éloignement de sa famille et du temps passé comme sans-abri. La Première Guerre mondiale arrive et permet à Adolf de trouver une raison d’être…
  2. Adolf Hitler est accepté par l’Académie des Beaux-Arts. Il fait la rencontre d’un psychanalyste à Vienne, Sigmund Freud, ce qui aide Adolf à travailler sur ses traumatismes psychiques provenant de son enfance. Le jeune homme réussit à se faire de bons amis et à se développer comme peintre. Bien sûr, la vie n’est pas toujours belle; il passe aussi des moments de chagrin.

D’un chapitre à un autre, on passe de la première histoire à la seconde. On passe par les évènements majeurs du vingtième siècle : ce qui s’est passé, mais aussi ce que l’auteur pense se serait passé sans un Hitler politisé.

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Mes impressions :

La part de l’autre est un livre quand même osé dû au fait qu’on se sent de l’empathie envers Hitler pendant certaines parties de son histoire. On le voit comme une vraie personne complexe, et pas tout le temps comme un monstre, ce personnage fixe sans passé; la façon dont on le dépeint aujourd’hui.

Mais avoir ces sentiments crée un malaise parce que c’est comme cela veut dire qu’on lui pardonne ses actes atroces. Mais ce n’est pas ça du tout. C’est plus qu’on reconnait le fait qu’il n’était pas toujours cet homme qui a causé des évènements terribles dans l’histoire.

Vers le fin, le livre décrit assez bien la raison pour laquelle il est important de voir Hitler comme une personne ordinaire : ce « monstre », la capacité de faire du mal dans le monde, est dans nous tous. On doit le reconnaitre afin de le maitriser. On n’est pas nécessairement à l’abri d’un autre évènement similaire dans l’histoire juste parce qu’il n’y a plus d’Hitler. En tout, le livre soulève beaucoup de réflexions sur la capacité d’avoir de l’empathie envers les gens.

Voici d’autres réflexions que La part de l’autre provoque :

Des réflexions sur la guerre, comme on peut voir ici lorsqu’un chat se pointe dans les champs de bataille :

« Ce matou-là ne fait pas de différences entre les câlins français et les câlins allemands, murmura Bernstein. Il n’a rien compris de la guerre. — C’est-à-dire qu’il a tout compris. »

Des liens intrigants entre Hitler et ses problèmes avec la sexualité: il ne se sentait pas bien dans son corps, qu’il trouvait laid.

« À trente-sept ans, il éprouvait un réel bien-être à ne pas avoir de relations sexuelles car il ne risquait pas la syphilis, il ne perdait ni son temps ni son énergie… il se sentait pur et moral. »

Le sentiment d’être productif pendant qu’on imagine l’avenir et nos réussites, ce qui empêche les vraies actions.

« Bien sûr que je vais me mettre aux mathématiques. Bien sûr. En attendant, il n’avait jamais ouvert un livre d’arithmétique ou d’algèbre. Comme toujours, l’idée lui suffisait. »

Des réflexions sur l’égoïsme :

« Rarement vu un ego aussi fort et aussi faible à la fois. Fort car il se pense le centre absolu du monde, truffé de certitudes inébranlables, persuadé de penser toujours juste. Faible car il a un besoin dévorant que les autres distinguent ses mérites, le rassurent sur sa valeur. Tel est le cercle vicieux des égocentriques. »

On peut même faire des liens avec les élections d’Adolf Hitler décrites dans le livre et les élections de 2016 aux États-Unis, ce qui est intéressant parce que le livre a été publié 15 ans auparavant.

« À sa grande joie, ses adversaires continuaient à le sous-estimer en voyant en lui un rival inoffensif car trop différent, trop sujet à la transe, à la colère, à l’apostrophe délirante, à la divagation mystique ; ils ne se rendaient pas compte que l’époque, lasse des politiciens traditionnels, l’aimait précisément pour cela, parce qu’il se donnait comme un remède à l’apocalypse, un sauveur-guérisseur quasi divin qui pouvait relever l’Allemagne. »

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Cherchez-vous d’autres œuvres d’Éric-Emmanuel Schmitt ? Visitez ces articles :

Un regard sur : Oscar et la Dame rose (livre et film)

Un regard sur : Odette Toulemonde (film)

Un regard sur : En as-tu vraiment besoin? (livre de Pierre-Yves Mcsween)

« Comme si consommer était un acte lié au mérite. « Tu travailles assez fort, gâte-toi! » Quand on en arrive là, on peut se questionner. Pourquoi travaille-t-on autant si le but ultime est de se récompenser pour avoir trop travaillé?… »
« …Transposer ses possessions en heures travaillées ou en journées de congé auxquelles il faut renoncer permet de voir les choses sous un angle différent, bien tangible. » — 
Mcsween, En as-tu vraiment besoin


en-as-tu-vraiment-besoin-livreSource : pixabay.com

Un aperçu :

En as-tu vraiment besoin? C’est ça la question que ce livre vous pose concernant les finances et plusieurs aspects de votre vie. Avez-vous vraiment besoin d’une voiture, de la nouvelle technologie, du confort, d’une grande fête de votre mariage? Ce livre nous amène vers une grande réflexion sur l’importance de l’épargne et sur la façon dont nous dépensons l’argent que nous passons tant de temps à accumuler. Chaque chapitre se concentre sur un aspect de la vie qui influence, positivement ou négativement, les dépenses, les dettes et les épargnes.

Mes impressions :

J’ai été surpris par tous les sujets abordés dans ce livre. J’attendais à ce que ce livre ait beaucoup de conseils financiers, mais c’est plus que ça. En as-tu vraiment besoin? occasionne beaucoup de réflexion sur plusieurs aspects de notre relation avec l’argent. On ne va pas possiblement être d’accord avec tout ce qu’il dit, mais ce livre nous aide à voir des choses d’une façon particulière (et parfois comique) afin de mieux comprendre les finances de la vie quotidienne, par exemple la gestion des assurances, des économies pour les imprévus et pour la retraite.

En tout, le message est clair : soyez raisonnable et responsable avec votre temps et votre argent, vous ne savez jamais ce qui peut vous arrivez demain… ou dans dix ans.

Vous pouvez trouver le livre sur Kobo ici (lien affilié) : En as-tu vraiment besoin?

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Un regard sur : Guy de Maupassant

Guy de Maupassant est un écrivain français très connu du 19e siècle. Il a notamment écrit des nouvelles, mais aussi quelques romans. Voici quelques-uns de ses titres les plus connus.

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Bel-Ami

Un roman qui décrit la montée d’un homme égoïste, Georges Du Roy, dans les classes sociétales. Il acquit de plus en plus de richesses et d’affection, mais il ne se contente presque jamais avec ce qu’il a. Il s’avère être un homme très aimable au début, mais de moins en moins lorsqu’on le connait vraiment :

« Tu trompes tout le monde, tu exploites tout le monde, tu prends du plaisir et de l’argent partout, et tu veux que je te traite comme un honnête. » — Bel-Ami

Georges Du Roy vit, et vise, au-dessus de ses moyens. Il n’est pas capable de contrôler les désirs qui l’envahissaient.

À lire sur Kobo ici (lien affilié) : Bel Ami

Ce roman est sur Amazon ici (lien affilié) : Bel-Ami (French Edition)

Le Horla

Le Horla est une des nouvelles les plus célèbres de Guy de Maupassant. C’est une histoire d’un homme qui commence à avoir des hallucinations et par la suite à développer une paranoïa. On voit la progression de son état: d’un homme qui semble être témoin d’un acte paranormal à un homme qui devient complètement contrôlé par ce qui lui semble passer autour de lui… ou seulement dans sa tête.

L’histoire, parmi d’autres contes, est sur Kobo ici (lien affilié) : Le Horla

Et sur Amazon ici (lien affilié) : Le Horla (French Edition)

Boule de suif

Une prostituée voyage avec neuf autres personnes afin de s’enfuir de l’occupation de leur ville pendant la guerre. Les autres se voient mieux que la femme et ne lui porte beaucoup d’attention… sauf lorsqu’il arrive une situation où elle peut les tous sauver. Mais seraient-ils reconnaissants de cette aide ?

Trouvez Boule de suif et d’autres nouvelles de Guy de Maupassant ici sur Kobo ici (lien affilié) : Boule de suif

Et sur Amazon ici (lien affilié) : Boule de suif (édition enrichie) (Folio Classique)

La Parure

Une femme s’endette terriblement pour remplacer à une amie les bijoux qu’elle a perdus.

L’histoire se trouve sur Kobo ici (lien affilié) : La Parure

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Un regard sur : le webmagazine de lire.artv.ca

Vous ne savez pas quel livre à choisir pour votre prochaine lecture ? Vous aimerez mieux connaitre la littérature francophone ? J’ai trouvé une émission pour vous ! Sur lire.artv.ca, il existe un webmagazine qui a la littérature comme sujet.

webmagazine-lireImage: Pixabay

Chaque lundi, Claudia Larochelle résume ses recommandations de nouveaux livres en quelques minutes. L’émission inclut ensuite des entrevues avec des auteurs qui donnent leur choix de livres (nouveaux et classiques) autour de thèmes choisis.

Vous en voulez plus ? Vous pouvez aussi vous joindre au club de lecture du site afin d’échanger des recommandations et des critiques de vos livres préférés.

Prenez quelques minutes par semaine pour découvrir la littérature francophone et élargissez votre perception de la culture. Rendez-vous sur lire.artv.ca. Aux livres !

 

Un regard sur : Derrière la neige (livre) de Audrey Guiller

« C’est ça! L’hiver, il y a le facteur vent. Et l’été, le coefficient humidex. L’hiver, c’est à cause de l’Arctique. L’été, à cause du Mexique. Ces facteurs, ce sont comme des médailles. Pour te dire que tu as encore plus froid que froid ou encore plus chaud que chaud. Que c’est toujours pire que ce que tu crois : le plaisir dans la douleur! » — Audrey Guiller, Derrière la neige

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Un aperçu :

Dans Derrière la neige : Les 4 saisons d’une famille française au Québec, publié en 2011, Audrey Guiller raconte, d’une façon humoristique, ses expériences lorsqu’elle et sa famille habitaient à Montréal pendant un an. Le livre est plein d’anecdotes, soulignant surtout les différences entre la vie au Québec et la vie en France.

Mes impressions :

C’est sûr que juste le concept du livre m’a pleinement attiré. J’adore les différences culturelles et les façons diverses dont les gens voient le monde. En plus, c’est un livre comique, et tout le monde a besoin de rire de temps en temps.

C’est intéressant de voir les éléments que l’auteur a retenus comme choc culturel. Parfois, c’est des aspects plutôt nord-américains (et pas juste québécois en particulier). Ça m’a fait découvrir les différences dont je n’étais pas au courant de l’Europe et l’Amérique du Nord (il n’y a pas de moustiquaires en France ou quoi?). D’autres différences viennent spécifiquement du Québec (comme « bienvenue » pour « de rien », ou la voiture de St-Hubert…). C’était intéressant de comparer mes expériences avec la culture québécoise avec celles de cette famille française.

C’est sûr que le livre contient quelques généralisations afin de favoriser l’humour, mais en tout, c’est très amusant de découvrir les petits incidents, malentendus, etc.

En tout, c’est une bonne lecture légère et amusante qui nous fait découvrir un peu plus le monde.

Vous pouvez trouver le livre sur Amazon ici (lien affilié) : Derrière la neige – Les 4 saisons d’une famille française au Québec

Un regard sur : La détresse et l’enchantement (autobiographie) de Gabrielle Roy

« Comment, si souvent malheureux, pouvions-nous aussi être tellement heureux. » — Gabrielle Roy, La détresse et l’enchantement.


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Un aperçu :

Des réflexions sur la ve, l’amour, le bonheur et la mort sont les éléments principaux de l’autobiographie La détresse et l’enchantement de la célèbre écrivaine franco-canadienne Gabrielle Roy. Elle raconte sa jeunesse difficile comme une francophone au Manitoba dans la ville (maintenant un quartier de Winnipeg) de Saint-Boniface. Ensuite, Gabrielle nous amène dans les petits villages où elle a enseigné comme un jeune adulte, et finalement en Europe, où elle a habité juste avant la Seconde Guerre mondiale. Une grande partie du livre parle en fait des mois que Gabrielle Roy a passés en Europe, un voyage alimenté par un désir inconnu :


« Oui c’est cela, j’irais en France. Et elle, peut-être, me reconnaîtrait pour sienne ! Fallait-il que je sois folle ! Eh oui, rendue folle à lier par cette maladie de me sentir quelque part désirée, aimée, attendue, chez moi enfin… »

« Ce devait être un de ces appels mystérieux de la vie auxquels on obéit les yeux fermés, à moitié confiance, à moitié détresse. Je courais donc après quelque chose, mais quoi ! »


Ce désir l’amènera tranquillement vers sa carrière comme écrivaine.

Mes impressions :

Le titre explique bien l’humeur du livre. Gabrielle raconte sa jeunesse à Saint-Boniface, ce qu’elle voit d’une vue assez négative. C’est la détresse, ce qu’on peut apercevoir avec cette citation :


« Si c’était une sorte de malheur d’être né au Québec de souche française, combien plus ce l’était, je le voyais maintenant, en dehors du Québec, dans nos petites colonies de l’Ouest canadien ! »


Plus loin dans le livre, c’est l’enchantement; elle raconte son temps passé en France et en Angleterre. Elle y vit quelques-uns des moments les plus heureux de sa vie. C’est ce point-là que je trouve assez singulier. En Europe, elle est dans l’incertitude complète. Elle ne sait pas ce qu’elle veut étudier, où elle veut habiter, ce qu’elle veut de la vie, etc. Cependant, c’était pendant cette période, avant de devenir une écrivaine célèbre, que Gabrielle Roy a trouvé des moments de calme et de sérénité. On voit clairement qu’elle se souvient de ce temps-là d’un bon œil. Cela amène Gabrielle à nous offrir ses réflexions sur le bonheur :


« Peu ont jamais eu idée de ce qu’est ce bonheur dont je tente de parler, inexplicable et cependant si réel. En ce temps-là, je croyais qu’il venait de l’extérieur, tenait aux lieux mêmes où il se produisait. Je pensais que l’on pouvait se l’approprier en s’appropriant les lieux où il apparaissait, en y restant ou en tâchant de les emporter avec soi — une impossible aventure ! »


Pourtant, même après des descriptions presque magiques, Gabrielle nous rappelle que sa vie n’était pas un conte de fées. Elle retombait souvent dans un état presque dépressif :


« L’ennui s’en mêla, persistant, corrosif, m’empêchant de prendre intérêt à ce que je tentais pour y échapper… En vérité, je pense que j’étais tombée dans cet état d’attente qu’il m’est arrivé maintes fois dans ma vie de subir et où je ne fais plus rien d’autre justement que d’attendre de l’inconnu qu’il vienne m’en délivrer. »


D’autres moments forts du livre sont les réflexions profondes sur la mort. Il faut se rappeler que Gabrielle Roy a écrit ce livre dans les quelques années avant de mourir (le livre a été en fait publié en 1984, après sa mort). C’est peut-être la raison pour laquelle elle voulait souligner les morts de ses proches et les émotions qui les entouraient :


« Tout être avant de mourir a terriblement besoin de savoir qu’il a été heureux quelquefois, et comment et où et pourquoi. Il ne lui importe plus tellement de savoir qu’il a souffert. Ce qui compte alors c’est d’avoir un moment tenu entre ses mains le bonheur comme s’il était la clé de l’amour et du mystère de notre existence. »


Une autre chose que j’aime de ce livre est que ce n’était pas centré sur les liaisons amoureuses. Comme ça, le livre donne plus d’importance sur les amitiés, parfois simples et passantes, parfois solides, qui se développent partout autour de nous. Pourtant, Gabrielle nous donne plusieurs réflexions intéressantes sur l’amour. D’abord, elle décrit sa relation avec un homme qu’elle a connu en Angleterre :


« Nous étions faits pour n’être que des amis, ainsi que l’on dit si injustement, car n’est-il pas singulier que l’on place l’amour — si capricieux — au-dessus de l’amitié presque toujours si digne ? »


Et après, elle réfléchit sur une relation un peu plus intense :


« Notre amour était trop fiévreux, agité et possessif pour nous laisser en repos, et quand il n’a pas d’îles où se poser pour des instants de calme, l’amour en vient vite à l’épuisement. »


Un autre point captivant de ce livre est les descriptions de Londres juste avant la Seconde Guerre mondiale. Gabrielle décrit l’atmosphère tendue en Angleterre en 1938 et 1939 (la guerre commencera en septembre 1939). Elle observe les préparations pour la guerre, les inquiétudes, le besoin d’être rassuré, la peur, le refus, etc. Ses descriptions sont assez vives et sont surtout frappantes comme on sait ce qui s’en vient.

Moi, j’ai bien profité de ce livre. Je trouve que c’était le bon moment pour moi de le lire, surtout parce que je m’identifiais avec Gabrielle lorsqu’elle parlait de l’incertitude de l’avenir et de sa carrière. C’était rassurant de lire ses propos par rapport à cette période de sa vie. Elle reconnait qu’elle était troublée par le fait qu’elle ne savait pas ce qu’elle voulait faire avec sa vie, mais elle a réussi à vivre des moments de bonheur malgré cela.


« Comme c’est long d’arriver à ce que l’on doit devenir ! D’ailleurs, lorsqu’on y est, c’est déjà le temps d’aller plus loin. » — Gabrielle Roy


Je crois qu’il y a beaucoup de jeunes adultes dans la même situation qui profiteraient des réflexions dans ce livre. C’est sûr que Gabrielle Roy ne donne pas les réponses aux mystères de la vie, mais elle nous aide à réfléchir sur notre situation et nous rassure que tout n’est pas si mauvais si on n’a pas de trajet clair. D’ailleurs, des moments les plus heureux de sa vie se passaient lorsqu’elle était profonde dans l’incertitude.

Un fait intéressant : ce livre parle de sa vie avant de devenir une écrivaine connue. Moi, j’attendais à ce qu’elle parle de sa vie comme écrivaine, ses livres, son succès, etc. J’étais agréablement surpris de lire des réflexions sur l’incertitude, la vie simple et les petites choses qui amènent au bonheur. Je me suis trouvé plus connecté à ce qu’elle décrivait, et cela me rendait le livre assez captivant. J’ai appris plus tard que Gabrielle Roy écrivaient deux autres chapitres pour le livre, mais qu’elle ne les a pas finis avant sa mort.

En tout, c’était un livre plein de petites histoires qui peuvent vous rendre nostalgique et en paix par rapport à l’avenir (au moins pour moi !).

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