Un regard sur : La chasse-galerie

La chasse-galerie est une légende québécoise très connue qui raconte l’histoire d’un groupe de bucherons qui font un pacte avec le diable afin de passer le réveillon du Nouvel An avec leurs copines et leurs familles. Il existe plusieurs versions de cette histoire, toutes avec leurs particularités. Je vous présente ici quelques œuvres qui se basent sur la légende.

Lachassegalerie

D’abord, il y a le conte La Chasse-galerie par Honoré Beaugrand, publié en 1900. Vous pouvez trouver l’histoire, parmi d’autres contes, sur Kobo ici (lien affilié) : La Chasse Galerie, et sur Amazon ici (lien affilié) : La chasse-galerie 

Ensuite, il y a le film inspiré par la légende qui est sorti en 2016. Vous pouvez trouver le film sur iTunes ici (lien affilié) : La chasse-galerie : La légende – Jean-Philippe Duval

Une chanson interprétée par Claude Dubois raconte une autre version du conte :

Et une autre chanson, cette fois par La Bottine Souriante :

Trouvez la chanson sur iTunes ici (lien affilié) : Martin de la chasse-galerie – La Bottine Souriante

Un regard sur : Réparer les vivants (roman et film)

«…faut penser aux vivants dit-il souvent, mastiquant le bout d’une petite allumette, faut penser à ceux qui restent…» — Réparer les vivants 

Un aperçu :

Réparer les vivants est un livre écrit par Maylis de Kerangal et publié en 2014. C’est un livre qui raconte une journée tragique dans la vie d’une famille. Un jeune homme, Simon, se trouve à l’hôpital dans un état grave après un accident de voiture. Le cœur de Simon bat et il respire grâce aux machines; toutefois, les dommages faits au cerveau sont irréparables. Ses parents ont la lourde responsabilité d’accepter le débranchement de Simon, la possibilité de dons d’organes et, par conséquent, d’accepter sa mort.

Réparer-Les-Vivants

Mes impressions :

Réparer les vivants, vu l’objet du livre, est une histoire assez sombre. On entre intimement dans les émotions des personnages principaux et le changement dans leur quotidien avec l’arrivée des nouvelles de l’accident de voiture. Le livre nous fait alterner souvent entre la gravité et la banalité, entre les gens affectés énormément et les gens qui font leur travail comme d’habitude.

C’est quand même intéressant comme concept parce que toute l’histoire se déroule en 24 heures. Le livre nous présente les vies de toutes les personnes qui entre en contact avec Simon en ces 24 heures. Donc, on est beaucoup dans les descriptions, les sentiments et les souvenirs de ces personnages à travers le livre.

Vous pouvez trouver le livre sur Kobo ici (lien affilié) : Réparer les vivants

Et sur Amazon ici (lien affilié) : Réparer les vivants (Folio) 

Une adaptation de l’histoire a aussi été faite en film en 2016 :

Un regard sur : L’homme qui plantait des arbres (nouvelle)

« Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. » — L’homme qui plantait des arbres

Un aperçu :

L’homme qui plantait des arbres est une nouvelle écrite par Jean Giono, publiée en 1953. L’histoire décrit un voyageur qui découvre un homme humble dans le sud-est de la France qui passe sa journée à planter des arbres. La région est pourtant désertique autour de cette plantation. Le voyageur repart, mais revient souvent revoir l’homme, surtout après les deux guerres mondiales. L’évolution de la forêt est alors remarquable : le paysage aride se transforme en une forêt immense pleine de vie. De l’eau coule à nouveau dans des ruisseaux séchés et des animaux commencent à peupler l’endroit. Il y a même des humains qui reviennent habiter le village abandonné à côté de la forêt. C’est le travail lent, mais constant, d’un seul berger qui a accompli cette tâche admirable.

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Mes impressions :

L’homme qui plantait des arbres est une belle histoire d’espoir et de persévérance. On peut y trouver des éléments écologistes et, plus encore, un optimisme rafraîchissant concernant l’humanité : on a le pouvoir de corriger les erreurs de l’humanité commise contre des écosystèmes ou même contre l’humanité elle-même. Une seule personne peut faire une différence remarquable avec juste un peu de patience et de bonne volonté. La nouvelle nous incite à être comme cet homme simple, à faire une différence positive pour le monde, un jour à la fois. En tout, c’est une histoire motivante, inspirante et admirable.

Vous pouvez trouver l’histoire sur Kobo ici (lien affilié) : L’homme qui plantait des arbres 

Et sur Amazon ici (lien affilié) : L’homme qui plantait des arbres: Préface Thierry Crouzet (Roman) 

Un court métrage de l’histoire a été fait par Radio-Canada en 1987. Le film a gagné plusieurs récompenses, incluant l’Oscar du meilleur court métrage d’animation. Vous pouvez le regarder ici sur YouTube :

Un regard sur : Les cinq cents millions de la Bégum (roman) de Jules Verne

« Le 13 septembre — quelques heures seulement avant l’instant fixé par Herr Schultze pour la destruction de France-Ville —, ni le gouverneur ni aucun des habitants ne se doutaient encore de l’effroyable danger qui les menaçait. »

 

Jules Verne est un écrivain français du 19e siècle très connu dans le monde pour ses œuvres de science-fiction. Il a publié Les cinq cents millions de la Bégum en 1879.

Découvrez ce roman français qui inspire beaucoup d'intrigue de Jules Verne

 

Un aperçu :

Ce roman de Jules Verne est à la fois dystopique et utopique. Après le partage d’un héritage énorme, deux hommes font construire deux villes très différentes dans l’ouest des États-Unis.

La ville Stahlstadt est fondée par un Allemand qui s’appelle Schultze. Cette ville est caractérisée par la production, l’industrie, le travail et le pouvoir centralisé. C’est en fait fait dépeint comme une image assez négative de la révolution industrielle (sale, monotone, etc.).

L’autre ville, qui s’appelle France-Ville, est sur le bord de l’océan pacifique. Cette ville est fondée par un Français qui s’appelle Sarrasin, un homme qui veut essayer de créer une ville saine. Cet endroit est caractérisé par l’hygiène, les arts, et la créativité.

Dans la majorité du livre, on suit l’histoire de Marcel, un jeune homme qui est un ami du fils de Sarrasin. Marcel s’intègre à la ville Stahlstadt, essayant de découvrir ses secrets qui peuvent nuire à France-Ville. Il y a des rumeurs que Schultze a comme but la destruction de sa ville voisine (France-Ville) et même la domination mondiale.

 

Mes impressions :

Ce livre donne une vue aux sentiments nationalistes qui existaient en Europe pendant le 19e siècle. Les personnages dans le livre, surtout Schultze, parlent souvent de deux « races », la race germanique et la race latine. Ce nationalisme hostile devient même parfois du racisme.

C’était intéressant de voir les références à la guerre de 1870 et comment cette guerre semble avoir fait beaucoup augmenter l’hostilité entre la France et l’Allemagne.

On parle beaucoup ces jours-ci de « fausses nouvelles ». Mais on voit dans ce livre que cette idée n’est pas si nouvelle :

« À sa requête, le Conseil de défense rédigea immédiatement une proclamation pour exhorter les habitants à se tenir en garde contre les fausses nouvelles semées par l’ennemi dans le but d’endormir sa vigilance. »

On voit aussi dans ce livre un chapitre sur la bourse de San Francisco, une bourse qui profitait de toute les ruées vers l’or et d’autres richesses, mais qui n’existe plus depuis 1906.

En tout, c’est un bon livre, pas trop long, pour s’évader un peu dans son intrigue.

Le livre est gratuit sur Project Gutenberg ici : http://www.gutenberg.org/ebooks/4968

 

Un regard sur : Les choses (roman) de Georges Perec

« Mais de nos jours et sous nos climats, de plus en plus de gens ne sont ni riches ni pauvres : ils rêvent de richesse et pourraient s’enrichir : c’est ici que leurs malheurs commencent. » — Les choses 

Un aperçu :

Dans Les choses, un roman de Georges Perec, un couple trouve que leur vie est assez monotone. L’homme, Jérôme, et la femme, Sylvie, travaillent tous les deux pour une compagnie de sondages. Ils pensaient qu’ils allaient être contents avec un travail comme cela, mais ils cherchent continuellement le bonheur. On voit dans les descriptions des objets autour d’eux que le couple essaie de remplir leur vie avec leurs achats. La consommation devient presque une religion pour Jérôme et Sylvie, mais ils trouvent bientôt que même cela n’aide pas leur sentiment de banalité.

« Leur vie était comme une trop longue habitude, comme un ennui presque serein : une vie sans rien. »

L’histoire est une recherche constante d’une vie « intéressante », ce qui amène les personnages à essayer d’éviter leur réalité ordinaire.

« Ils partiront. Ils abandonneront tout. Ils fuiront. Rien n’aura su les retenir. »

Malheureusement, la banalité revient. Ils trouvent donc que leur vie de consommation était plus intéressante… et le cycle de médiocrité continue.

« Jadis, ils avaient eu au moins la frénésie d’avoir. Cette exigence souvent, leur avait tenu lieu d’existence. Ils s’étaient sentis tendus en avant, impatients, dévorés de désirs »

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Mes impressions :

Il faut vous prévenir que ce livre n’a pas beaucoup d’action. Il se base plutôt sur des descriptions et de longues réflexions sur l’existence, la consommation et le bonheur.

« Ils croyaient imaginer le bonheur ; ils croyaient que leur invention était libre, magnifique, que, par vagues successives, elle imprégnait l’univers. Ils croyaient qu’il leur suffisait de marcher pour que leur marche soit un bonheur. Mais ils se retrouvaient seuls, immobiles, un peu vides. Une plaine grise et glacée, une steppe aride : nul palais ne se dressait aux portes des déserts, nulle esplanade ne leur servait d’horizon. »

L’histoire présente l’idée d’un équilibre que des gens essaient de trouver. Un équilibre entre ce qu’on doit faire pour « réussir » sa vie, et ce qu’on veut faire afin de profiter de la vie. Les deux personnages veulent être libres, mais savent que la richesse peut se trouver plus facilement dans un emploi sûr qu’ils n’aiment pas vraiment.

« Ils succombaient aux signes de la richesse ; ils aimaient la richesse avant d’aimer la vie. »

Le livre est aussi intéressant d’un point de vue historique parce qu’on voit un peu la vie des années soixante en France : l’état politique, la guerre en Algérie, des manifestations, des attentats.

Je trouve les livres dont je n’aime pas les personnages principaux assez intrigants. C’était le cas pour cette histoire parce que je trouvais Sylvie et Jérôme superficiels et un peu exaspérants parce qu’ils ne sont pas capables de profiter de ce qu’ils ont. Ils veulent toujours plus; pourtant, beaucoup de gens de ce monde aimeraient avoir leur vie ! Cette idée de toujours vouloir et de rêver peut également être trouvée dans le livre Bel-ami de Maupassant.

Donc les personnages ne sont pas nécessairement aimables, mais, ce qui causait beaucoup de réflexion de ma part, ce sentiment changeait en malaise parce que je commençais à me reconnaitre dans ces deux personnes en recherche de richesse et de bonheur. J’ai aussi des pensées similaires, des rêves d’argent facile, etc. Et je pense que je ne suis pas le seul ! On trouve dans ce livre l’idée que l’argent n’a peut-être pas un très grand rôle dans le bonheur.

Vous pouvez trouver ce livre sur Kobo Canada ici (lien affilié) : Les Choses

Ou sur Amazon ici (lien affilié) : Les choses 

Un regard sur : Le chandail de hockey (nouvelle) de Roch Carrier

« Nous vivions en trois lieux : l’école, l’église et la patinoire; mais la vraie vie était sur la patinoire. » – Le chandail de hockey 

Un aperçu :

Le chandail de hockey est une nouvelle racontée par Roch Carrier publiée en 1979, connue également sous le nom Une abominable feuille d’érable sur la glace. L’histoire se déroule dans un petit village au Québec dans les années 1940. Le hockey y est extrêmement populaire, surtout pour le jeune homme qui devient le personnage principal de l’histoire. Il écoute, comme le reste du village, les parties de hockey de son équipe préférée (les Canadiens de Montréal) diffusées à la radio. Il joue au hockey avec ses camarades chaque hiver. Tout le monde porte le chandail de hockey des Canadiens avec le même numéro que la vedette de hockey à l’époque : Maurice Richard.

Le jeune garçon porte son chandail jusqu’au point où celui-ci est trop usé, et sa mère doit commander un nouveau chandail du magasin Eaton. Cependant, le pire cauchemar imaginable pour le petit garçon se matérialise : la compagnie envoie un chandail des Maple Leafs de Toronto au lieu d’un chandail des Canadiens de Montréal ! La mère refuse de retourner le chandail, disant que c’est un chandail comme un autre. Le petit garçon survivra-t-il à l’humiliation ?

Découvrez ce classique de la littérature québécoise.

Mes impressions :

Le chandail de hockey est un conte assez bien connu au Québec et même au Canada anglophone. Dans l’histoire, on est plongé dans la vie d’une petite communauté au Québec au milieu de l’hiver. On voit l’importance de l’église dans la communauté, mais, selon l’histoire, l’importance plus marquée du hockey. D’une part, c’est un conte du pouvoir de la conformité et de l’humiliation pour un petit garçon. D’une autre part, c’est l’histoire de l’identité québécoise et les tensions qui existent entre les anglophones et les francophones au Canada.

Vous pouvez trouver le livre sur iTunes ici (lien affilié) : Le Chandail de Hockey – Roch Carrier & Sheldon Cohen

Et sur Kobo ici (lien affilié) : Le Chandail de Hockey

Il y a une version animée qui a été faite par l’Office national du film du Canada que vous pouvez regarder ici :

Un regard sur : Les fourmis (roman)

« D’ailleurs, si des extraterrestres débarquaient un jour sur notre planète, ils ne s’y tromperaient pas. Ils chercheraient sans aucun doute à discuter avec elles. Elles [les fourmis] : les vrais maîtres de la Terre. » — Les fourmis

Un aperçu :

Les fourmis est une des œuvres les plus célèbres de Bernard Werber, un écrivain français de science-fiction. Sorti en 1991, c’est un roman qui raconte l’histoire d’une famille qui déménage chez leur oncle disparu et aussi l’histoire d’une cité de fourmis.

L’histoire se situe à Paris dans un avenir proche. On voit que c’est une vue un peu pessimiste sur le pouvoir de la génération actuelle d’améliorer le monde :

« — Oh ! tu sais, ce qui me frappe le plus c’est que rien n’a changé. Avant, lorsque j’étais toute jeunette, on se disait qu’après le passage du millénaire il se produirait des choses extraordinaires, et tu vois, rien n’a évolué. Il y a toujours des vieux dans la solitude, toujours des chômeurs, toujours des voitures qui font de la fumée. »

Il y a tout un mystère autour de l’oncle disparu. Tout ce que la famille sait de lui c’est qu’il étudiait sans cesse les fourmis. Le père trouve une note très mystérieuse de cet oncle qui dit à la famille d’éviter le sous-sol de la maison, et même de le barricader afin d’empêcher quiconque d’y descendre. Cependant, la curiosité humaine peut être si forte…

Par rapport aux fourmis, on découvre, avec beaucoup de détails, le quotidien de ces petits insectes si nombreux sur la planète. Leur mode de travail nous est révélé comme une doctrine :

« La philosophe générale des fourmis. ‘Lentement mais toujours en avant.’ ».

On est présenté à trois fourmis en particulier pendant l’histoire : 327e, 56e et 103 683e. On observe leurs tâches spécifiques, une spécificité qui est apparemment assez marquée dans le monde des fourmis :

« … un autre principe de la philosophie globale des fourmis. ‘L’avenir appartient aux spécialistes.’ »

L’année de cette cité de fourmis semble commencer comme tous les autres, sauf lorsque 327e se rend compte qu’un de leurs ennemis, selon lui les fourmis naines, a découvert une arme secrète qui peut détruire leur cité. Cependant, lorsqu’il essaie de prévenir ses camarades, c’est clair que ses nouvelles ne sont pas les bienvenues…

Est-ce possible que tout ce mystère soit lié ?

Un livre science-fiction français dans lequel on découvre la vraie vie des fourmis !

Mes impressions :

Les fourmis est un livre qui nous fait découvrir un tout autre monde qui existe juste à nos côtés. C’est captivant d’être transporté dans ce monde où l’on commence à voir que la survie d’une cité est aussi importante pour les fourmis que la survie d’une ville l’est pour les humains. D’ailleurs, le monde selon les fourmis et leurs connaissances sur la vie décrites dans ce roman peuvent facilement être liés au monde humain. Par exemple :

« Il existe deux manières d’affronter un problème ; soit on l’empêche d’approcher, soit on se laisse traverser par lui. La seconde n’est pas forcément la plus mauvaise. »

C’est en fait une œuvre assez philosophique avec des passages sur l’état de la nature en général comme ceci :

« La nature, n’en déplaise à M. Darwin, n’évolue pas vers la suprématie des meilleurs (selon quels critères, d’ailleurs ?). La nature puise sa force dans la diversité. »

J’étais surpris de trouver des moments tragiques dans ce livre traités comme n’importe quel évènement passant. C’est comme l’auteur nous voulait réfléchir sur le fait que nos réactions sont différentes envers la vie d’insectes juste parce qu’on commence à les connaitre un peu plus. Encore, il y a une pensée philosophique qui peut être connectée à tout cela.

Ceci m’amène à constater qu’il y a trois éléments principaux du roman Les fourmis : la philosophie, la vie des fourmis et, surtout, la science-fiction. Si vous vous intéressez à au moins un de ces éléments, ce livre est un bon choix pour votre prochaine lecture.

Trouvez ce livre sur Kobo ici (lien affilié) : Les Fourmis

Et sur Amazon ici (lien affilié) : Les Fourmis (Romans, Nouvelles, Recits (Domaine Francais) t. 6022) (French Edition) 

Un regard sur : Six degrés de liberté (roman) de Nicolas Dickner

« Elle accroche son manteau, soupire. Cette journée va ressembler à toutes les précédentes, elle le sent. Travailler huit heures à la quincaillerie. Ranger des vis sur les étagères. Étudier pour un examen de maths… Laver la vaisselle. Laisser passer la semaine. Les semaines. Les mois. S’interroger sur le sens de la vie. Broyer du noir. Lisa mène une vie à l’infinitif. » — Six degrés de liberté 

Un aperçu :

Le livre Six degrés de liberté par Nicolas Dickner, gagnant du prix du Gouverneur général en 2015, est un roman qui suit la vie de deux femmes, Jay et Lisa.

Jay est employée chez une institution gouvernementale. Son travail consiste à détecter des fraudes de cartes de crédit. En fait, cet emploi fait partie de sa sentence criminelle, à cause d’un lien qu’elle avait avec le crime organisé.

Lisa, une adolescente au début du livre, a une vie ordinaire et un peu trop banale d’après elle. Sa vie comme jeune femme est bouleversée lorsque son père commence à perdre sa mémoire. Lisa doit s’occuper de lui, tout en respectant ses autres obligations. Son quotidien commence à être composé de trois mots seulement : école, travail, hôpital. Elle n’a plus de temps pour elle, pour la vie.

Les deux femmes cherchent une raison d’être; elles s’ennuient de ce que la vie leur présente comme réalité. Ce sont leurs agissements sur ce sentiment qui vont faire que leurs deux histoires s’entremêlent : Jay commence à s’occuper, en secret, d’un cas bizarre que la GRC a de la difficulté à résoudre. Lisa, avec l’aide de son meilleur ami Éric qui est un génie de l’informatique, établit un plan de traverser la planète d’une façon, disons, inusitée.

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Mes impressions :

J’ai trouvé que Six degrés de liberté est un roman plutôt divertissant et surtout une réflexion sur la vie banale. Indirectement, le livre nous conscientise sur le monde de la consommation qui nous entoure, qui nous dévore. Les actions des personnages principaux sont comme des cris de secours afin de sortir du système établi et se sentir plus vivant.

On voit beaucoup d’exemples dans ce livre dans lesquels la réalité dure contraste avec le monde, presque moqueur, de la consommation :

« Robert, qui enfonce le gros bouton rouge, le seul dont il n’a pas oublié la fonction. La télévision s’allume sur une émission du matin. Aujourd’hui on compare à l’aveugle des vinaigres balsamiques. »

Les personnages réfléchissent sur l’état bien implanté de la société de la consommation (les biens, la malbouffe) comme dans cet exemple :

« Tout en fouillant, Jay se demande ce que les gens penseraient de ses propres poubelles. Les déchets ont toujours été un important marqueur de classes sociales… Aujourd’hui, tout le monde craint secrètement de produire des ordures ennuyantes, qui témoigneraient d’une vie plate. »

Honnêtement, c’était difficile pour moi de m’accrocher à ce livre pendant les premiers chapitres. Mais, si la même chose vous arrive, continuez un peu. J’ai remarqué que le livre devenait de plus en plus intéressant et la dernière moitié gardait pleinement mon attention !

Il faut savoir que d’un chapitre à un autre, les évènements sont un peu décalés. C’est peut-être parfois difficile à suivre, mais cela fait partie de l’intrigue; on essaie de comprendre comment les évènements sont connectés. En fait, le roman est un peu comme mettre ensemble des pièces d’un casse-tête.

Un casse-tête divertissant et bien rafraichissant.

Vous pouvez trouver ce livre sur Kobo ici (lien affilié) : Six degrés de liberté

Et sur Amazon ici (lien affilié) : Six degrés de liberté 

Un regard sur : L’étranger (roman) d’Albert Camus

Un aperçu :

Dans l’étranger, un homme raconte ce qui se passe dans sa vie an Algérie. On se trouve au début avec lui lorsqu’il apprend la mort de sa mère. On découvre que le narrateur, qui s’appelle Meursault, ne ressent pas beaucoup d’émotions, même pendant des évènements tragiques de la vie. Il assiste aux funérailles de sa mère, sans pleurer, et il retourne au travail.

« J’ai pensé que c’était toujours un dimanche de tiré, que maman était maintenant enterrée, que j’allais reprendre mon travail et que, somme toute, il n’y avait rien de changé. »

Ensuite, on rencontre les personnes qui font partie de la vie de Meursault : une nouvelle copine, des voisins, des amis. Tout se passe assez bien jusqu’au point où, à la suite de nouveaux ennemis créer par les actions d’un voisin, Meursault tue un homme.

Meursault se trouve devant les autorités et bientôt à la cour. Il reconnait ce qu’il a fait de tort, mais il continue à ne pas démontrer beaucoup d’émotion, ce qui choque les autres. Son procès commence vite à tourner autour de ce manque d’empathie.

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Mes impressions :

Il y a quelques éléments de L’étranger qui donne au livre sa puissance. D’abord, c’est un récit à la première personne et le narrateur commet un acte terrible. Comme lecteur, on doit rester dans les pensées de cet homme ni héros ni vilain terrible, mais sans sentiments.

C’est exactement cette question de sentiment qui est intéressante parce que, pour une raison quelconque, Meursault ressent l’indifférence dans la plupart de situations. Les autres personnages du livre lui reprochent fortement cela. Mais est-ce juste ? Est-ce qu’une société peut vraiment reprocher à quelqu’un un manque de sensibilité ?

À part ces questions, une autre partie de l’histoire qui fait réfléchir est la présence du soleil. Pendant la lecture, on se sent constamment dans la chaleur sous un ciel bleu. Tout est éclairé sans ombre. Pourtant, c’est un contraste énorme avec ce qui se passe dans l’histoire, une histoire plutôt sinistre et noire.

C’est aussi une histoire assez philosophique, ce qu’on voit dans les réflexions du personnage principal. Par exemple, ici Meursault pense à l’indifférence de la nature par rapport à la vie des êtres humains.

« Oui, c’était l’heure où, il y avait bien longtemps, je me sentais content. Ce qui m’attendait alors, c’était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant, quelque chose était changé puisque, avec l’attente du lendemain, c’est ma cellule que j’ai retrouvée. Comme si les chemins familiers travers dans les ciels d’été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu’aux sommeils innocents. »

L’étranger d’Albert Camus est un livre qui laisse une impression assez forte après sa lecture. C’est un des livres les plus célèbres de la francophonie, et, facilement, un incontournable.

Vous pouvez trouver le livre sur Kobo Canada ici (lien affilié) : L’Étranger

Ou sur Amazon ici (lien affilié) : L’Étranger (French Edition) 

Un regard sur : Les voyageurs malgré eux (roman) d’Élisabeth Vonarburg

« « Qui suis-je, d’où suis-je, où vais-je ? » : je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne. Enfin, façon de parler : je ne peux pas retourner chez moi, puisque j’y suis. » — Les voyageurs malgré eux 

Un aperçu :

Les voyageurs malgré eux est un roman de fantaisie/science-fiction publié en 1994. L’histoire se situe dans un monde parallèle où il y a seulement trois régions francophones qui restent en Amérique du Nord : La Louisiane, L’Enclave de Montréal (juste une partie de l’île) et le Royaume des Sags (une référence à la région du Saguenay). Il y a beaucoup de petites différences entre notre monde et le monde de ce livre. Par exemple, la ville de Québec est anglophone, les rues de Montréal sont des canaux, une fédération amérindienne occupe une moitié du territoire de l’Amérique du Nord et, mystérieusement, pendant Noël on parle de deux enfants nés cette journée : Jésus et Lilith.

Un autre fait important de ce monde parallèle, on ne parle pas du réchauffement climatique, mais plutôt du refroidissement climatique depuis le 18e siècle !

Une bonne partie de l’histoire se concentre sur un autre fait bizarre : c’est commun pour les gens d’avoir des visions. C’est dans ce contexte qu’on rencontre Catherine, une Française, qui habite dans l’Enclave de Montréal. Elle commence à avoir des visions, mais elles sont différentes de celles des autres…

Ce n’est pas tout; Catherine se rend compte qu’elle a perdu une bonne partie de sa mémoire. Tout cela fait qu’elle est à part des autres. Un peu trop à part peut-être pour le gouvernement de l’Enclave, qui est presque un État policier.

Catherine se trouve en danger et doit s’échapper tout en remettant en place sa mémoire perdue. Elle rencontre plusieurs personnes en chemin, des gens mystérieux qui semblent cacher des secrets. Et qui est cette fille Athana qui la suit partout dernièrement ?

En suivant le conseil d’Athana d’aller « plus loin, plus au nord », Catherine découvre le très fermé Royaume des Sags. Elle va se mêler d’une histoire de croyances spirituelles afin de trouver les réponses qu’elle cherche sur elle-même et la vie en général, ce qui peut résoudre tous les mystères qui l’entourent.

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Mes impressions :

J’avais besoin de m’évader un peu lorsque j’ai choisi de lire ce roman. J’ai décidé qu’un roman de science-fiction était parfait. Ce livre m’intéressait aussi parce que je connais les régions dont l’auteur écrit et je voulais découvrir les différences dans ce monde parallèle.

Ce que j’ai trouvé intéressant c’était que même si je voulais m’échapper un peu, le livre m’a fait réfléchir sur notre monde. Quelques sujets abordés sont les croyances, le pouvoir, le gouvernement, le féminisme et la brutalité policière. Ce livre a été publié en 1994, mais il y avait des évènements ou des faits dans l’histoire qui rappelaient des évènements assez récents comme la grève étudiante (2012), le mariage gai, et des femmes prêtres.

Le roman fait aussi réfléchir sur la spiritualité et les religions de ce monde. Le personnage principal cherche à trouver l’équilibre entre les affaires qu’on peut changer, celles qu’on doit lâcher et le moment où il faut écouter cette force qui nous guide dans la vie.

Je me demande si ce livre était en partie inspiré par les expériences de l’auteure, Élisabeth Vonarburg (une française qui habite au Québec depuis des années) pendant son intégration au Québec. Par exemple, on peut faire des liens avec le refroidissement climatique et les différences du climat en Europe et au Québec. La perte de mémoire peut même être liée aux éléments culturels dont elle a dû apprendre. La protagoniste est aussi en recherche de son identité dans le monde parallèle. J’ai trouvé des liens entre ce qu’elle décrit et mes propres réflexions lorsque j’ai déménagé au Québec :

« Elle n’était plus française, ne serait sans doute jamais « québécoise ». Entre les deux, voilà, moins « transplantée » qu’en équilibre instable sur un fil. »

Dans le livre, on est souvent amené entre un rêve, une vision et la réalité. Cela a comme effet que lire ce roman est un peu comme déchiffrer un rêve bizarre.

En tout, c’est un bon roman pour ceux qui ont besoin de voyager un peu dans un monde parallèle ou pour ceux qui suivent une voix intérieure qui leur dit d’aller « plus loin ».

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