Résumé :
Une activité d’écriture créative où les apprenants reçoivent une très courte histoire… mais incomplète. Le début, le milieu ou la fin manque volontairement. Leur mission : imaginer et écrire la partie manquante, en respectant le ton, les thèmes, les temps verbaux et la voix du texte original. Une belle façon de pratiquer la cohérence narrative, le style, et l’expression écrite en français.
Objectifs :
- Développer l’expression écrite en français
- Travailler la cohérence et la continuité d’un texte
- Pratiquer le vocabulaire narratif et descriptif
- Explorer les temps du récit (passé composé, imparfait, plus-que-parfait, etc.)
- Stimuler la créativité et l’interprétation personnelle
- Lire attentivement et comprendre les nuances d’un texte
Le déroulement :
- Préparation : L’enseignant prépare ou sélectionne de très courtes histoires (3 à 4 paragraphes maximum). Chaque texte a une partie manquante : soit le début, soit le milieu, soit la fin.
- Distribution : Chaque apprenant (ou groupe) reçoit une version incomplète d’une histoire.
- Lecture et analyse : Les apprenants lisent attentivement la partie disponible. Ils peuvent relever le ton, les émotions, les personnages, le style, les thèmes…
- Écriture : Ils écrivent la partie manquante en respectant l’univers du texte. L’objectif n’est pas de «deviner» la version originale, mais de proposer une suite ou un complément cohérent et créatif.
- Partage et discussion : Les apprenants pourraient lire leur version à la classe. On compare les interprétations, les styles, les choix narratifs.
Des exemples d’histoires à compléter:
Histoire 1:
Thème : enfance et souvenir
Temps utilisé : imparfait + passé composé
Partie manquante : le début
…
Je me souviens encore du goût du chocolat chaud, un peu trop sucré, que ma grand-mère préparait chaque mercredi après-midi. On s’asseyait sur le vieux canapé vert, celui qui grinçait à chaque mouvement, et elle me racontait des histoires de son enfance en Pologne.
Ce jour-là, pourtant, quelque chose était différent. Elle avait l’air préoccupée, ses mains tremblaient légèrement. J’ai attendu qu’elle commence à parler, mais elle est restée silencieuse pendant plusieurs minutes. Puis elle m’a regardé, les yeux brillants, et elle a dit : « Il faut que je te raconte quelque chose. »
🎯 Consigne : Imaginez le début de cette histoire. Qui parle ? Où sommes-nous ? Que s’est-il passé juste avant ce moment ?
Histoire 2:
Thème : mystère et enquête
Temps utilisé : passé simple + imparfait
Partie manquante : le milieu
C’était un matin brumeux de novembre. Le commissaire Lambert arriva sur les lieux du crime à 7 h 12 précises. Une odeur de terre humide flottait dans l’air, et les feuilles mortes collaient à ses chaussures.
…
Il se redressa lentement, le regard fixé sur l’objet qu’il tenait dans sa main. Ce n’était pas une arme, ni une lettre, ni même une preuve évidente. Mais pour lui, c’était suffisant. Il savait maintenant qui mentait depuis le début.
🎯 Consigne : Imaginez le milieu de cette histoire. Que découvre-t-il ? Qui interroge-t-il ? Quelles pistes suit-il ?
Histoire 3:
Thème : routine et questionnement
Temps utilisé : présent
Partie manquante : la fin
Chaque matin, je prends le même chemin. Je passe devant la boulangerie, je salue le vieux monsieur avec son journal, je traverse le petit parc où les pigeons se disputent des miettes.
Je marche lentement, sans vraiment penser, mais je remarque toujours les détails : une fleur qui pousse entre deux pierres, une affiche déchirée, une fenêtre ouverte.
Aujourd’hui, pourtant, quelque chose me dérange. Je ne sais pas quoi exactement. Peut-être le silence, peut-être le ciel trop clair, ou peut-être ce regard que quelqu’un m’a lancé sans sourire.
…
🎯 Consigne : Imaginez la fin de cette histoire. Que fait le personnage ensuite ? Est-ce qu’il comprend ce qui le dérange ? Est-ce qu’il prend une décision, ou continue sa routine ?
Variations :
- Version orale : Au lieu de lire leur version, les apprenants pourraient simplement la décrire en résumé pour les autres.
- Version collaborative : Chaque groupe écrit une partie différente (groupe A le début, groupe B le milieu, groupe C la fin) et on assemble les histoires.
- Version émotion : Proposez une contrainte émotionnelle (ex. : la fin doit être triste, ou le début doit être mystérieux).
- Version «surprise» : La fin doit surprendre ou changer complètement le sens du texte.
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