Un regard sur : La part de l’autre (roman)

« Que se serait-il passé si l’Académie des beaux-arts en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, à cette minute précise, le jury avait accepté Adolf Hitler ? …Y aurait-il eu une Seconde Guerre mondiale, cinquante-cinq millions de morts dont six millions de Juifs dans un univers où Adolf Hitler aurait été un peintre ? » — La part de l’autre

Un aperçu :

Dans La part de l’autre, un livre d’Éric-Emmanuel Schmitt publié en 2001, deux histoires parallèles se font raconter :

  1. Un jeune homme qui s’appelle Adolf Hitler vient d’être rejeté par l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. Ensuite, le désenchantement avec la vie adulte s’installe chez lui; il vit des expulsions d’appartements, de l’arnaque, un éloignement de sa famille et du temps passé comme sans-abri. La Première Guerre mondiale arrive et permet à Adolf de trouver une raison d’être…
  2. Adolf Hitler est accepté par l’Académie des Beaux-Arts. Il fait la rencontre d’un psychanalyste à Vienne, Sigmund Freud, ce qui aide Adolf à travailler sur ses traumatismes psychiques provenant de son enfance. Le jeune homme réussit à se faire de bons amis et à se développer comme peintre. Bien sûr, la vie n’est pas toujours belle; il passe aussi des moments de chagrin.

D’un chapitre à un autre, on passe de la première histoire à la seconde. On passe par les évènements majeurs du vingtième siècle : ce qui s’est passé, mais aussi ce que l’auteur pense se serait passé sans un Hitler politisé.

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Mes impressions :

La part de l’autre est un livre quand même osé dû au fait qu’on se sent de l’empathie envers Hitler pendant certaines parties de son histoire. On le voit comme une vraie personne complexe, et pas tout le temps comme un monstre, ce personnage fixe sans passé; la façon dont on le dépeint aujourd’hui.

Mais avoir ces sentiments crée un malaise parce que c’est comme cela veut dire qu’on lui pardonne ses actes atroces. Mais ce n’est pas ça du tout. C’est plus qu’on reconnait le fait qu’il n’était pas toujours cet homme qui a causé des évènements terribles dans l’histoire.

Vers le fin, le livre décrit assez bien la raison pour laquelle il est important de voir Hitler comme une personne ordinaire : ce « monstre », la capacité de faire du mal dans le monde, est dans nous tous. On doit le reconnaitre afin de le maitriser. On n’est pas nécessairement à l’abri d’un autre évènement similaire dans l’histoire juste parce qu’il n’y a plus d’Hitler. En tout, le livre soulève beaucoup de réflexions sur la capacité d’avoir de l’empathie envers les gens.

Voici d’autres réflexions que La part de l’autre provoque :

Des réflexions sur la guerre, comme on peut voir ici lorsqu’un chat se pointe dans les champs de bataille :

« Ce matou-là ne fait pas de différences entre les câlins français et les câlins allemands, murmura Bernstein. Il n’a rien compris de la guerre. — C’est-à-dire qu’il a tout compris. »

Des liens intrigants entre Hitler et ses problèmes avec la sexualité: il ne se sentait pas bien dans son corps, qu’il trouvait laid.

« À trente-sept ans, il éprouvait un réel bien-être à ne pas avoir de relations sexuelles car il ne risquait pas la syphilis, il ne perdait ni son temps ni son énergie… il se sentait pur et moral. »

Le sentiment d’être productif pendant qu’on imagine l’avenir et nos réussites, ce qui empêche les vraies actions.

« Bien sûr que je vais me mettre aux mathématiques. Bien sûr. En attendant, il n’avait jamais ouvert un livre d’arithmétique ou d’algèbre. Comme toujours, l’idée lui suffisait. »

Des réflexions sur l’égoïsme :

« Rarement vu un ego aussi fort et aussi faible à la fois. Fort car il se pense le centre absolu du monde, truffé de certitudes inébranlables, persuadé de penser toujours juste. Faible car il a un besoin dévorant que les autres distinguent ses mérites, le rassurent sur sa valeur. Tel est le cercle vicieux des égocentriques. »

On peut même faire des liens avec les élections d’Adolf Hitler décrites dans le livre et les élections de 2016 aux États-Unis, ce qui est intéressant parce que le livre a été publié 15 ans auparavant.

« À sa grande joie, ses adversaires continuaient à le sous-estimer en voyant en lui un rival inoffensif car trop différent, trop sujet à la transe, à la colère, à l’apostrophe délirante, à la divagation mystique ; ils ne se rendaient pas compte que l’époque, lasse des politiciens traditionnels, l’aimait précisément pour cela, parce qu’il se donnait comme un remède à l’apocalypse, un sauveur-guérisseur quasi divin qui pouvait relever l’Allemagne. »

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